UB-LogoOnline MagazinUntergrund-Blättle

La suisse, ce n’est pas nous | Untergrund-Blättle

378

international

ub_article

International

Un appel à la destruction de la nation La suisse, ce n’est pas nous

International

Pour la troisième fois déjà se déroule une manifestation au niveau national sous le titre «la suisse, c’est nous». Les organisateurs de la manif exigent dans le sous-titre de l’appel «les mêmes droits pour tous et toutes» et s’engagent pour un «droit à la participation politique» pour tous.

Bahnhofstrasse, Zurich.
Mehr Artikel
Mehr Artikel
Bild ansehen

Bild: Bahnhofstrasse, Zurich. / Rl (CC BY-SA 3.0 unported - cropped)

4. Juli 2007

04. 07. 2007

0
0
4 min.
Correction
Imprimer
Il est compréhensible que des personnes illegalisées exigent d’avoir les mêmes droits comme les Suisses. L’amélioration de leur situation légale est d’intérêt matériel, parfois même existentiel, pour beaucoup d’immigrants. Mais le mot d’ordre de la manif n’est guère «à bas les frontières» ou «pour le mouvement sans contraintes», il ne s’agit pas d’un appel à l’organisation autonome pour défendre les intérêts matériels et le droit de séjour illimité pour toutes et tous. Par contre, c’est la participation constructive à l’état qui est revendiquée sous le slogan «la suisse, c’est nous».

Pour comprendre ce que cette revendication implique en dernière instance, il faut se rendre d’abord compte de ce qu’est cette Suisse que «nous tous devrions être». La Suisse, c’est un état avec des frontières figées, des lois et des institutions pour assurer les conditions capitalistes existantes. Si maintenant quelques patriotes (de gauche) se sentent obligés de construire un «Nous» dans ces frontières nationales, alors ils se réfèrent positivement à cette institution répressive qui est l’état-nation, même s’ils veulent inclure les immigrants dans ce «nous». Ils le confirment eux-mêmes en se référant aux droits et devoirs qui sont, au moins formellement, assurés par l’état, et en exigeant le droit d’intervention pour une participation constructive.

A l’appel se trouve joint le premier article de la «déclaration universelle des droits de l’homme». Comme tous les droits, les droits de l’homme aussi ont besoin d’une instance armée qui puisse garantir qu’ils soient respectés. Dans toutes les guerres qui sont menées par des nations démocratiques, il s’agit officiellement de faire respecter les droits de l’homme, comme au Kosovo, en Afghanistan et en Irak. Les intérêts nationaux réels se cachent derrière le discours humanitaire. En général, ces intérêts matériaux réels coïncident avec les droits de l’homme, vu que l’exploitation capitaliste normale se fait plus ais- ément dans des circonstances de stabilité sociale. C’est exactement ça que les droits de l’homme promettent, en garantissant le droit à la propriété privée, à la liberté de vendre sa force de travail, à l’appartenance à une nation et au statut légal. De cette manière, le choix entre dictature et démocratie se base sur l’utilité économique et politique des options. Bref: les droits de l’homme sont (dans la forme des droits civils) simplement le fondement de la société capitaliste.

Bien sûr faut-il condamner torture et esclavage. Mais le fait que cela doive être inscrit dans des lois en dit long sur la société capitaliste. Dans un monde où les hommes se voient opposés les uns aux autre par la concurrence, et où ils se trouvent inconciliablement opposés en classes – que cela soit visible ou non-, une forme légale et son garant (l’état) deviennent nécessaires pour que les hommes, les classes, et même les états ne se sautent pas à la gorge. Cependant, ni la politicienne de gauche, ni le travailleur social sympa ne veulent prendre en compte le fait que la plus grande partie de la population mondiale ait, de par son appartenance à la classe exploitée, toutes les raisons pour sauter à la gorge du système et de ses représentants.

L’exploitation existe partout où l’on travaille sous condition capitaliste. Sans la possibilité de produire plus de valeur que ce qui doit être payé aux travailleurs, il n’y a pas d’emploi. C’est bien cela, l’exploitation: on produit plus que ce qu’on reçoit. La manifestation la plus extrême de ce système d’exploitation se voit dans les conditions de travail et de vie misérables des personnes illégalisés. Ce que nous partageons tous avec les personnes illégalisés, c’est que nous sommes obligés de vendre notre force de travail pour pouvoir survivre. Parler d’identité nationale empêche de comprendre ce fait. L’état n’est pas une sphère neutre qui flotte au dessus des contraintes économiques, mais c’est bien lui, l’état du capital, qui garantit les conditions optimales de l’exploitation. Les réfugiés économiques, les guerres, la forteresse européenne sont le produit du fonctionnement de cette société basée sur les rapports de production capitalistes qui sont maintenus par l’état-nation.

Abolir cette condition (le capitalisme), avec toutes les forces et institutions qui cherchent à le perpétuer, tel est l’intérêt que nous avons en commun en tant que classe mondiale des salariés. Et c’est exactement là ou nous devons commencer: avec l’abolition de ces conditions de merde, avec l’abolition de la société des classes et des nations!

Septembre, 2007; eiszeit, Systembruch & Libertäre Aktion Ostschweiz

Sur le même sujet...
Alex Proimos
Sur la reproduction de l’idéologie raciste dans le capitalismeContre le racisme et l’égalité abstraite des hommes

19.06.2015

- La biologisation ou la culturisation des phénomènes et différences socialement produits constitue une niaiserie idéologique et hautement dangereuse.

mehr...
Alex Proimos
Huit thèsesCritique de l’Aufklärung

07.01.2014

- C’est sans doute La Dialectique de la Raison2 qui nous a fait prendre conscience du revers irrationnel de la raison des Lumières.

mehr...
The Photographer
“Pamphlet pour une bonne vie”Ne réparez-pas ce qui vous détruit

18.03.2014

- La politique ne crée pas d’alternatives. Son but n’est pas de nous laisser développer nos possibilités et nos capacités ; dans la politique, nous ne faisons que réaliser les intérêts qui découlent des rôles que nous exerçons dans l’ordre existant.

mehr...
Interdiction du mais MON810 en France: ’Nous nous attendons à ce que l'arrêté soit retoqué’

20.03.2014 - Le Ministère francais de l'Agriculture a interdit samedi 15 mars par arrêté la culture et la commercialisation du mais OGM MON810 de ...

Evacuations forcées: violation des droits humains des Roms en France

08.10.2013 - Fin septembre, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a provoqué une nouvelle polémique au sujet des Roms. Il a notamment contesté leur volonté ...

Dossier: Feminismus
Propaganda
A bas toutes les Religions!

Aktueller Termin in Orléans

Open ateliers

Tous les jeudis après-midi, les portes des ateliers de la Labomedia vous sont ouvertes pour accueillir la curiosité, l’envie d’apprendre et de partager, de critiquer, de pratiquer dans un cadre coopératif ce « numérique ». On ...

Donnerstag, 6. August 2020 - 16:10

Le 108, 108 rue de bourgogne, 45000 Orléans

Event in Wien

Autor

Donnerstag, 6. August 2020
- 20:00 -

Fluc

Praterstern 5

1020 Wien

Lire aussi...

Trap
Untergrund-Blättle