UB-Logo Online MagazinUntergrund-Blättle

Alep: Pourquoi pas d'évacuation comme à Homs? | Untergrund-Blättle

3780

Comment sortir de cette guerre? Alep: Pourquoi pas d'évacuation comme à Homs?

International

Le Syrien Ziad Hilal raconte comment il a sécurisé l'évacuation des rebelles de Homs en 2014. Il est maintenant à Alep.

Alep: Pourquoi pas d'évacuation comme à Homs?.
Mehr Artikel
Mehr Artikel
Bild ansehen

Alep: Pourquoi pas d'évacuation comme à Homs?. Foto: Foreign and Commonwealth Office - Basma (CC BY-ND 2.0 unported - cropped)

5. Dezember 2016
0
0
4 min.
Imprimer
Correction
Alep-est vit actuellement le même scénario que le centre de Homs il y a deux ans. Comme à Homs, il y a eu intensification des combats et des bombardements, puis exode des habitants. Mais à Homs, différence notable, il y a eu tractations entre régime et rebelles. Pour la première fois, le Syrien Ziad Hilal raconte comment il a pris part à cet événement. C’était en mai 2014. Le centre historique de Homs, occupé par des groupes rebelles, était assiégé et affamé. Grâce à divers intermédiaires, les chefs rebelles et le gouvernement syrien ont négocié durant trois mois, dans le plus grand secret. Il s’agissait pour les rebelles de sortir de leur souricière, avec la garantie de n’être ni abattus ni emprisonnés.

La procédure a été mise au point par le coordinateur humanitaire de l'ONU de l’époque, Yacoub el-Helou, par des associations humanitaires et le Croissant rouge. Au terme de ces longues tractations empreintes de méfiance réciproque, chefs rebelles et représentants du régime se sont mis d’accord sur le déroulement de l’évacuation. Les 2000 rebelles encerclés, devaient, en sortant de la vieille ville de Homs, déposer leurs armes lourdes. Ils avaient la possibilité d’emporter les armes légères et un sac à dos. En contrepartie, les forces du régime mettaient des bus à disposition, et les rebelles seraient acheminés par groupe de 40, jusqu’au village rebelle Dar Al Kabira, au nord-ouest de la ville. Les groupes insurgés, à bout de force, ont fini par accepter. A une condition : que le jésuite Ziad Hilal soit présent, que seuls lui et trois autres prêtres aient le droit de fouiller leur sac et qu’ils accompagnent chaque bus.

L’opération a commencé le dimanche 4 mai 2014. «Dans les bus, l’ambiance était lugubre. Certains pleuraient», se souvient Ziad Hilal. Les accompagnateurs n’arrivent pas à faire face seuls à ce gigantesque transfert. Ziad Hilal demande alors à quatre autres religieux de participer à l’évacuation. Ainsi, pendant quatre jours, une noria de bus a circulé entre la vieille ville de Homs et Dar Al Kabira, à une vingtaine de km de là. La plupart des évacués sont syriens, des hommes jeunes, certains, rares, accompagnés de leurs femme et enfants.

Ziad Hilal : «Il n’y a eu aucune arrestation. C’était la clause sine qua non. Les rebelles rendaient les armes lourdes à un comité de cheikhs et de notables de Homs, qui s’étaient chargés de l’organisation de ces départs.» Mais les habitants n’ont pas pu tout de suite revenir dans les quartiers de la vieille ville, les maisons avaient été minées.

Ziad Hilal vit aujourd’hui à Alep. Pense-t-il que l’évacuation pratiquée à Homs peut être transposée à Alep-est? «La situation à Alep est différente sur plusieurs plans. La zone encore tenue par les combattants, même si elle rétrécit chaque jour, est beaucoup plus étendue qu’à Homs, et les groupes plus nombreux. A Homs, nous avions à faire à trois groupes. Ils sont une vingtaine à Alep. Dont certains constitués de combattants étrangers. Difficile de trouver un accord avec tous. Un exemple. En octobre dernier, Caritas, le croissant rouge et plusieurs ONG négociaient l’évacuation d’enfants blessés ou malades d’Alep-est vers les hôpitaux d’Alep-ouest. Nous étions arrivés à un consensus avec les trois groupes armés les plus importants. Un quatrième s’est opposé à cette évacuation, alors que tout était prêt. Cela ne s’est donc pas fait. Mais la différence la plus importante, c’est qu’à Alep, des puissances étrangères sont fortement impliquées, la Turquie du côté des rebelles, la Russie avec le régime, ce qui n'était pas encore le cas à Homs.»

Comment sortir de cette guerre? «Je n’ai pas de solution miracle, pas plus que De Mistura, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie! Il faut d’abord un cessez-le-feu. Puis que toutes les parties entrent en négociations réelles. Le problème c’est que chaque côté pense encore malgré tout pouvoir gagner la guerre. Aujourd’hui on assiste à une guerre pour le pouvoir, c’est le chaos. Le seul signe d’espoir, c’est qu’envers et contre tout, la vie continue et que la solidarité s’organise. A Alep-ouest par exemple 10'000 repas chauds sont préparés et distribués chaque jour par plusieurs centaines de bénévoles».

Nadia Braendle / Infosperber

Nadia Braendle a été journaliste à la Télévision Suisse Romande et s'est rendue plusieures fois en Syrie.

Sur le même sujet...
Protest on Tahrir 30. janvier 2011.
Des leçons à tirer aussi pour les partis religieuxLe «Printemps arabe» est devenu «l'Hiver arabe»

02.05.2016

- Le Printemps à peine bourgeonnant était combattu par la violence. L'histoire est un processus fait d'avancées et de régressions. Aujourd'hui, il est de bon ton de railler le Printemps arabe. Il est de bon ton de lui substituer l'expression d'«Hiver arabe».

mehr...
Mercenaire de Blackwater - Bagdhad.
Blackwater & CoLes mercenaires, toujours aux limites de la loi

23.09.2011

- Le groupe de travail du Conseil des droits de l'homme (CDH) sur les mercenaires a présenté trois rapports mardi à Genève.

mehr...
Refusons de prendre parti dans la guerre des civilisationsAffaiblissons tous les fronts!

19.04.2012

- Le XXesiècle fut le plus sanglant de toute l'histoire de l'humanité. Mais il n'est pas exclu que le XXIe se révèle pire encore. Tout est prêt pour cela, les arsenaux sont pleins ou susceptibles d'être remplis à tout moment.

mehr...
Renforcement du mandat de la MONUSCO : pas de pacification en vue

14.06.2013 - Le conflit entre différents groupes armés et les Forces Armées de la République Démocratique du Congo dure depuis 1996 et donne lieu à des violations massives des droits humains des populations civiles. La MONUSCO, mission de l'ONU en RDC, présente depuis 1999, a jusqu'ici échoué à interrompre le conflit.

Evacuations forcées: violation des droits humains des Roms en France

08.10.2013 - Fin septembre, le ministre de l´Intérieur Manuel Valls a provoqué une nouvelle polémique au sujet des Roms. Il a notamment contesté leur volonté d´intégration et a affirmé que "ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres".

Dossier: Klassismus
Helgi Halldórsson
Propaganda
Retour à la normale

Aktueller Termin in Frankfurt am Main

Namenslesung am Jahrestag der Auschwitz-Befreiung

in Gedenken an die Opfer des KZ Auschwitz III Monowitz

Freitag, 27. Januar 2023 - 10:30 Uhr

IG-Farben-Haus, Norbert-Wollheim-Platz 1, 60323 Frankfurt am Main

Event in Zürich

Überfest mit Überyou, Annie Taylor, Ruined, Chartreux und Eaten By Snakes

Freitag, 27. Januar 2023
- 18:00 -

Dynamo (Saal)

Wasserwerkstrasse 21

8006 Zürich

Lire aussi...

Panzer der KFOR Truppen im Jugoslawien-Krieg, September 2000.
Vorheriger Artikel

Die europäische Friedensordnung – ein hoher Wert, für den Krieg geführt werden muss

Im Focus: Die kriegerischen 90er

Medienarbeit in Kurdistan, Juli 2015.
Nächster Artikel

Kerem Schamberger: Vom System zum Netzwerk

Gegenöffentlichkeit unter widrigen Bedingungen

Untergrund-Blättle