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Alep: Pourquoi pas d’évacuation comme à Homs? | Untergrund-Blättle

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Comment sortir de cette guerre? Alep: Pourquoi pas d’évacuation comme à Homs?

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Le Syrien Ziad Hilal raconte comment il a sécurisé l'évacuation des rebelles de Homs en 2014. Il est maintenant à Alep.

5. Dezember 2016

05. 12. 2016

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Alep-est vit actuellement le même scénario que le centre de Homs il y a deux ans. Comme à Homs, il y a eu intensification des combats et des bombardements, puis exode des habitants. Mais à Homs, différence notable, il y a eu tractations entre régime et rebelles. Pour la première fois, le Syrien Ziad Hilal raconte comment il a pris part à cet événement. C’était en mai 2014. Le centre historique de Homs, occupé par des groupes rebelles, était assiégé et affamé. Grâce à divers intermédiaires, les chefs rebelles et le gouvernement syrien ont négocié durant trois mois, dans le plus grand secret. Il s’agissait pour les rebelles de sortir de leur souricière, avec la garantie de n’être ni abattus ni emprisonnés.

La procédure a été mise au point par le coordinateur humanitaire de l'ONU de l’époque, Yacoub el-Helou, par des associations humanitaires et le Croissant rouge. Au terme de ces longues tractations empreintes de méfiance réciproque, chefs rebelles et représentants du régime se sont mis d’accord sur le déroulement de l’évacuation. Les 2000 rebelles encerclés, devaient, en sortant de la vieille ville de Homs, déposer leurs armes lourdes. Ils avaient la possibilité d’emporter les armes légères et un sac à dos. En contrepartie, les forces du régime mettaient des bus à disposition, et les rebelles seraient acheminés par groupe de 40, jusqu’au village rebelle Dar Al Kabira, au nord-ouest de la ville. Les groupes insurgés, à bout de force, ont fini par accepter. A une condition : que le jésuite Ziad Hilal soit présent, que seuls lui et trois autres prêtres aient le droit de fouiller leur sac et qu’ils accompagnent chaque bus.

L’opération a commencé le dimanche 4 mai 2014. «Dans les bus, l’ambiance était lugubre. Certains pleuraient», se souvient Ziad Hilal. Les accompagnateurs n’arrivent pas à faire face seuls à ce gigantesque transfert. Ziad Hilal demande alors à quatre autres religieux de participer à l’évacuation. Ainsi, pendant quatre jours, une noria de bus a circulé entre la vieille ville de Homs et Dar Al Kabira, à une vingtaine de km de là. La plupart des évacués sont syriens, des hommes jeunes, certains, rares, accompagnés de leurs femme et enfants.

Ziad Hilal : «Il n’y a eu aucune arrestation. C’était la clause sine qua non. Les rebelles rendaient les armes lourdes à un comité de cheikhs et de notables de Homs, qui s’étaient chargés de l’organisation de ces départs.» Mais les habitants n’ont pas pu tout de suite revenir dans les quartiers de la vieille ville, les maisons avaient été minées.

Ziad Hilal vit aujourd’hui à Alep. Pense-t-il que l’évacuation pratiquée à Homs peut être transposée à Alep-est? «La situation à Alep est différente sur plusieurs plans. La zone encore tenue par les combattants, même si elle rétrécit chaque jour, est beaucoup plus étendue qu’à Homs, et les groupes plus nombreux. A Homs, nous avions à faire à trois groupes. Ils sont une vingtaine à Alep. Dont certains constitués de combattants étrangers. Difficile de trouver un accord avec tous. Un exemple. En octobre dernier, Caritas, le croissant rouge et plusieurs ONG négociaient l’évacuation d’enfants blessés ou malades d’Alep-est vers les hôpitaux d’Alep-ouest. Nous étions arrivés à un consensus avec les trois groupes armés les plus importants. Un quatrième s’est opposé à cette évacuation, alors que tout était prêt. Cela ne s’est donc pas fait. Mais la différence la plus importante, c’est qu’à Alep, des puissances étrangères sont fortement impliquées, la Turquie du côté des rebelles, la Russie avec le régime, ce qui n'était pas encore le cas à Homs.»

Comment sortir de cette guerre? «Je n’ai pas de solution miracle, pas plus que De Mistura, l’émissaire de l’ONU pour la Syrie! Il faut d’abord un cessez-le-feu. Puis que toutes les parties entrent en négociations réelles. Le problème c’est que chaque côté pense encore malgré tout pouvoir gagner la guerre. Aujourd’hui on assiste à une guerre pour le pouvoir, c’est le chaos. Le seul signe d’espoir, c’est qu’envers et contre tout, la vie continue et que la solidarité s’organise. A Alep-ouest par exemple 10'000 repas chauds sont préparés et distribués chaque jour par plusieurs centaines de bénévoles».

Nadia Braendle / Infosperber

Nadia Braendle a été journaliste à la Télévision Suisse Romande et s'est rendue plusieures fois en Syrie.

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